Partir en voyage quand on est greffé

Vous le savez peut-être, je suis greffée d’un rein. J’ai été greffée une première fois en 1998, j’ai perdu mon greffon en 2007 et ai été greffée à nouveau en 2009.

Ma santé est pour le moins instable, mais ça reste gérable. Etre greffée signifie prendre beaucoup de médicaments : les immunosuppresseurs bien sûr, pour éviter que les anti-corps ne s’attaquent à l’organe étranger (j’en prends deux, deux fois par jour, l’immurel et le prograf), un traitement contre la tension (c’est fréquent d’avoir de la tension chez les greffés rénaux), du bicarbonate pour gérer mon pH (j’ai fait une acidose il y a 6 mois) et du potassium car avec le bicar il est trop bas, j’ai besoin d’un supplément.

En plus de ça, je prends divers traitements ponctuels, comme en ce moment des compléments alimentaires à base de quinine, et du paracétamol en cas de douleurs quelconques.

Bien sûr, la plupart de ces médicaments ne sont délivrés que sur ordonnance. Une ordonnance qu’il faut faire traduire selon les pays où l’on voyage. Jusque là, je n’ai besoin d’une ordonnance traduite que pour la Chine, les autres pays où je suis allée  n’en n’exigeaient pas. Il arrive toutefois qu’on soit regardé d’un drôle d’air aux douanes et frontières.

Ça m’est arrivée aux USA. Nous arrivions du Canada. A la frontière le douanier à fouillé mon sac et en a sorti mon sachet rempli de médicaments. Il faut savoir qu’à l’époque ma greffe allait mal, et donc je prenais une quantité impressionnante de cachetons. Par ailleurs, nous étions en 2003, donc peu de temps après les attentats de NY. Le douanier a froncé les sourcils, m’a interrogée et j’ai sorti l’ordonnance (en français donc). Il l’a longuement étudiée, a compté les cachets et m’a finalement rendue le tout et autorisée à entrer sur le territoire après 30 minutes. Je pense que j’ai eu de la chance d’arriver par le Canada en car. Je ne suis pas certaine que j’aurais été aussi bien traitée si j’étais arrivée en avion de France et que j’avais atterris à JFK, où leur réputation n’est plus à faire.

On m’a demandée mon ordonnance une autre fois, en Islande. Mes médicaments étaient dans mon bagage à main, comme toujours. Or, j’avais oublié dans ledit bagage (mon fidèle sac à dos Eastpack) une bouteille de crème solaire, qui bien sûr, ne pouvait pas entrer dans l’avion (ma première fois en Islande, je rigole encore en pensant que j’ai un instant imaginé que je pouvais avoir besoin de crème solaire !). Du coup, le douanier m’a demandée d’ouvrir mon sac et a vu les médicaments. Mais j’ai montré l’ordonnance et il n’a rien ajouté. Il a juste bien ri devant ma crème solaire.

Quelques leçons à retenir si vous voyagez en devant apporter un traitement avec vous :
– « J’ai l’ordonnance » se dit en anglais « I have the prescription ».
– Renseignez-vous auprès de l’ambassade du pays où vous allez pour savoir si vous avez besoin d’une traduction agréée (a-priori, pas besoin si le pays fait partie de l’espace Shengen)
– Ne prenez pas une montagne de médicaments. Je veux dire par là qu’il ne faut pas emmener avec vous plus que ce dont vous avez besoin. Prévoyez quelques jours de rab au cas où il arrive quelque chose, mais pas plus, sans quoi vous pourriez être accusé de revente.  J’ai été toutefois bien contente d’avoir une marge pour l’Île Maurice, où en raison d’un typhon dans l’océan Indien, j’ai du rester quelques jours de plus (oui c’est horrible n’est-ce-pas ?)
– Demandez à votre médecin de mettre sur votre ordonnance, de façon exceptionnelle, les médicaments que n’incluent pas votre ALD (le paracétamol par exemple, ou la pilule de contraception).
– Faites plusieurs copies de votre ordonnance et placez-les à divers endroits dans vos bagages. Ça pourrait être précieux en cas de perte.
– Vos médicaments doivent toujours être transportés dans votre bagage à main, jamais en soute ! Les températures extrêmement froides des soutes risquent d’altérer l’efficacité de vos médicaments.
– Apprenez à dire le nom de votre pathologie en anglais et idéalement dans la langue du pays où vous allez (je suis d’accord qu’en chinois c’est compliqué, mais faites-le vous écrire tant qu’à traduire votre ordonnance…).
– Bien sûr, dans la majeure partie des voyages, tout va trèèèès bien se passer. Mais sait-on jamais : faites vous recommander un hôpital proche de votre lieu de résidence, surtout en cas se long séjour.  Les hôpitaux internationaux sont en général d’excellents établissements.

Et j’illustre cet article reconnu d’utilité publique par mes médicaments, ceux dont j’ai besoin pour deux jours à Paris. Même pour si peu de temps, j’ai l’impression de me transformer en dealer !

On commence petit, je vous montrerai peut-être la quantité que je devrai embarquer pour 15 jours au Japon !

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